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Variétés de thé

Matcha vanille : bonne idée, ou matcha déguisé ?

Le matcha vanille séduit les débutants, et sert parfois à masquer une poudre médiocre. Comment reconnaître un bon mélange d'un cache-misère, et le préparer.

Poudre de matcha vert vif dans un bol, à côté d'une cuillère en bambou
Photo domaine public (CC0 1.0)

Le matcha vanille est partout depuis quelques années, et il divise. D’un côté, il fait entrer beaucoup de gens dans l’univers du matcha, ce qui n’est pas rien. De l’autre, c’est le produit rêvé pour écouler une poudre qu’on ne pourrait pas vendre nature.

Voici comment faire le tri.

Pourquoi la vanille fonctionne sur le matcha

Ce n’est pas un hasard marketing. Le matcha a une amertume franche et une astringence qui surprennent au premier bol. La vanille apporte une perception sucrée sans sucre, une rondeur qui adoucit l’attaque sans masquer la note végétale.

C’est le même principe que la bergamote sur un thé noir : l’arôme ne cache pas le thé, il lui donne une entrée plus douce. Notre article sur l’histoire de l’Earl Grey raconte comment cette logique s’est installée au XIXe siècle.

Le problème n’est donc pas l’aromatisation en soi. Il est dans ce qu’on aromatise.

Trois produits très différents sous le même nom

Le matcha aromatisé. De la poudre de matcha, un arôme naturel de vanille, rien d’autre. C’est le produit honnête. Il reste amer, il n’est pas sucré, et il se prépare exactement comme un matcha nature.

La préparation pour latte. Du sucre, du lait en poudre, un arôme, et une fraction de matcha qui dépasse rarement 20 %. Ce n’est pas malhonnête si c’est annoncé, mais ce n’est pas du matcha : c’est une boisson instantanée au goût de matcha. Le repérage est immédiat, il suffit de regarder ce qui figure en premier dans la liste d’ingrédients.

Le cache-misère. Un matcha de qualité médiocre, oxydé ou de récolte tardive, dont l’arôme vient couvrir les défauts. C’est celui qu’il faut savoir éviter, et il ne se signale pas dans la liste d’ingrédients.

Le test de la couleur, imparable

Le matcha est l’un des rares produits où la qualité se voit littéralement.

Un matcha frais et bien produit est d’un vert franc, éclatant, presque irréel. Un matcha de récolte tardive, oxydé, ou stocké trop longtemps vire au kaki, au jaune ou au brun terne.

Or l’arôme de vanille ne change pas la couleur. Un matcha vanille qui tire sur le jaune est un mauvais matcha, quoi que dise l’étiquette. C’est le contrôle le plus rapide et le plus fiable, il se fait à travers le sachet quand l’emballage est transparent, ou dès l’ouverture.

Deuxième signal, plus subtil : l’odeur. Un bon matcha vanille sent le thé et la vanille. Si vous ne sentez que la vanille, il y a une raison.

Le préparer

Pour un matcha vanille non sucré, la méthode est celle du matcha nature :

  • 2 g de poudre tamisée
  • 70 ml d’eau à 75 °C, jamais bouillante
  • fouetté 20 secondes au chasen ou au fouet électrique

L’eau trop chaude est ici doublement pénalisante : elle brûle le thé, et elle fait tourner l’arôme de vanille, qui prend un côté chimique désagréable. Si vous n’avez pas de bouilloire réglable, laissez simplement refroidir trois minutes après ébullition.

En version latte, la logique est celle décrite dans notre recette de matcha latte, avec une réserve : si votre poudre est déjà aromatisée, allez-y très doucement sur le sucre. Les deux s’additionnent vite.

La solution que je préfère

Achetez un matcha nature correct, et parfumez-le vous-même.

Fendez une gousse de vanille, glissez-la dans le bocal hermétique où vous conservez votre matcha, et laissez faire deux à trois semaines. La poudre absorbe l’arôme par simple contact, sans qu’on ajoute quoi que ce soit.

Le résultat est plus fin qu’un arôme industriel, vous gardez le contrôle sur la qualité du thé, et la gousse resservira. C’est aussi nettement moins cher que la plupart des mélanges du commerce.

Une précaution de conservation, valable de toute façon pour le matcha : bocal opaque, hermétique, au frais et à l’abri de la lumière. Le matcha s’oxyde plus vite que n’importe quel autre thé, et un matcha ouvert depuis trois mois à température ambiante a déjà beaucoup perdu.

Faut-il en boire ?

Sans détour : si le matcha nature vous rebute et que le matcha vanille vous fait entrer dedans, c’est un bon produit. Il n’y a aucune noblesse à se forcer.

La seule chose à savoir, c’est ce que vous achetez. Un matcha aromatisé assumé, à la couleur franche, est un plaisir légitime. Une poudre kaki noyée d’arôme est une arnaque, et elle vous donnera du matcha une image fausse.

Pour comprendre ce que le matcha a de particulier une fois qu’on passe au nature, voyez ses bienfaits et le glossaire pour le vocabulaire des grades.

Questions fréquentes

Le matcha vanille est-il du vrai matcha ?
Cela dépend entièrement du produit. Certains mélanges sont du matcha additionné d'arôme naturel de vanille, dans des proportions honnêtes. D'autres sont majoritairement du sucre et du lait en poudre, avec une petite fraction de matcha. La liste d'ingrédients tranche en trois secondes.
Comment reconnaître un matcha vanille de qualité ?
Trois signaux. La couleur d'abord : un vert franc et vif, jamais kaki. La liste d'ingrédients ensuite : le matcha doit y figurer en premier. Le prix enfin : un mélange vendu au prix d'un matcha nature de qualité est rarement une bonne affaire, l'arôme ne coûte rien à produire.
Le matcha vanille est-il sucré ?
Pas nécessairement. Les mélanges d'arôme pur ne le sont pas du tout, et gardent l'amertume du matcha avec une note vanillée. Les préparations pour latte, elles, contiennent souvent 50 à 70 % de sucre. Ce ne sont pas les mêmes produits, ni le même usage.
Peut-on faire son matcha vanille soi-même ?
Oui, et c'est ce que je recommande. Une gousse de vanille fendue placée quelques semaines dans le bocal fermé de matcha parfume la poudre par contact, sans rien ajouter. On garde le contrôle sur la qualité du thé et sur le sucre.
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Hélène Vasseur

Amatrice de thé et rédactrice

Hélène Vasseur boit du thé en vrac depuis une quinzaine d'années, après avoir hérité de la collection de théières de sa grand-mère. Elle tient un carnet de dégustation et s'intéresse surtout à ce qui distingue un thé correct d'un très bon thé, à prix égal.

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