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Variétés de thé

Kit matcha : ce qui sert vraiment

Bol, fouet, cuillère, tamis : ce que contient un kit matcha, ce qui est réellement indispensable, et la différence entre grade cérémonial et culinaire.

Bol de matcha fouetté, mousse verte à la surface, sur un fond rouge
Photo par rumpleteaser via Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Le matcha est le seul thé qui demande vraiment du matériel. Pour tous les autres, une théière et une passoire suffisent. Ici, la poudre ne s’infuse pas, elle se met en suspension, et c’est un geste mécanique qu’on ne peut pas improviser complètement. Cela dit, un kit vendu en boutique contient rarement quatre objets également utiles.

Ce que contient un kit

ObjetNom japonaisUtilité réelle
Fouet en bambouchasenindispensable, sans équivalent
Tamisfuruitrès utile, sous-estimé
Bol largechawanutile, mais remplaçable
Cuillère en bambouchashakupratique, remplaçable
Repose-fouetkusenaoshiutile seulement si usage régulier

Le fouet, seul objet vraiment irremplaçable

Un chasen est taillé dans un seul morceau de bambou, fendu en cent brins ou davantage, très fins et recourbés.

Ce n’est pas une coquetterie. Le matcha ne se dissout pas, il se met en suspension, et la mousse de surface se forme parce que ces brins extrêmement fins incorporent des micro-bulles d’air dans un liquide épais. Un mousseur à lait, une fourchette ou un petit fouet métallique donnent de grosses bulles qui retombent en quelques secondes, et une poudre qui redescend au fond du bol.

C’est la différence entre un matcha qui tient et un matcha qui se sépare pendant qu’on le boit.

Un chasen se choisit surtout par son nombre de brins : autour de 80 pour un usage courant, 100 ou 120 pour une mousse plus fine. Le bambou noirci ou blanchi relève du goût, pas de la performance.

Son entretien est simple et non négociable. Rinçage à l’eau chaude claire aussitôt après usage, jamais de savon, jamais de lave-vaisselle, jamais de trempage. Séchage à l’air sur son repose-fouet, qui maintient l’écartement des brins. Quelques brins cassent avec le temps, c’est normal et cela n’empêche pas de s’en servir.

Le tamis, le plus sous-estimé

C’est l’objet que les kits d’entrée de gamme omettent et que je mettrais en deuxième position.

Le matcha est une poudre extrêmement fine qui s’agglomère en séchant, dans la boîte, entre deux usages. Ces petits amas ne se défont pas au fouet : ils restent en grumeaux et donnent ces points verts foncés qui flottent à la surface.

Passer la poudre à travers un petit tamis avant de verser l’eau prend cinq secondes et supprime complètement le problème. Une passoire à thé très fine fait parfaitement l’affaire.

Le bol et la cuillère, utiles mais remplaçables

Le chawan est large, à fond plat, à parois hautes. Cette forme a une raison : elle laisse la place au mouvement de va-et-vient du fouet sans que le liquide déborde. Un bol à soupe ou un grand bol à céréales remplit la même fonction. Ce qu’il faut éviter, c’est une tasse étroite et haute, dans laquelle le fouet ne peut pas bouger.

Le chashaku est une cuillère en bambou incurvée qui sert de mesure : deux prélèvements correspondent à environ 2 g. Une demi-cuillère à café donne le même résultat. C’est un bel objet, ce n’est pas un outil critique.

Sur la question plus large du contenant et de ce qu’il change au goût, j’ai détaillé les matières et les contenances dans l’article sur les tasses à thé.

La poudre compte plus que le kit

C’est le point sur lequel je serais le plus insistante, parce qu’un très beau kit avec une mauvaise poudre ne donne rien de bon.

Le grade cérémonial provient des premières feuilles, cultivées à l’ombre plusieurs semaines avant la récolte, débarrassées de leurs nervures et broyées à la meule de pierre. Il est vert vif, presque fluorescent, doux, à peine amer. C’est celui qu’on boit à l’eau.

Le grade culinaire vient de feuilles plus tardives et plus grossièrement traitées. Il est plus terne, tirant sur le vert olive, nettement plus astringent. Il est fait pour être mélangé à du lait ou intégré à une préparation, où son amertume est un atout. Bu nature, il déçoit systématiquement.

Le critère d’achat le plus fiable est donc la couleur, avant même le prix : un matcha jaune-vert ou brunâtre est soit de grade culinaire, soit oxydé par un stockage trop long.

La préparation, en quatre gestes

  1. Tamiser 2 g de matcha dans le bol.
  2. Verser 70 ml d’eau à 70 à 80 °C. Pas d’eau bouillante : elle brûle la poudre et fait ressortir l’amertume.
  3. Fouetter vingt secondes en dessinant des W rapides, poignet souple, sans appuyer et sans tourner en rond. Le mouvement circulaire fait tourner le liquide sans l’aérer.
  4. Boire dans la minute. La mousse retombe, c’est dans sa nature.

Ces proportions donnent un usucha, le matcha courant. La version épaisse, le koicha, double la poudre et se prépare avec un matcha de très haute qualité uniquement.

Pour la version au lait, qui tolère très bien un grade culinaire, la méthode est dans notre article matcha latte. Et sur ce que contient réellement cette poudre, j’ai fait le tri dans les bienfaits du matcha.

Ce que j’achèterais

Un chasen à 80 brins, un petit tamis, et une boîte de matcha cérémonial de 30 g. Le bol, prenez-le dans votre placard.

Si vous vous y mettez sérieusement, le repose-fouet devient vite un bon achat : c’est lui qui prolonge la vie du chasen, qui est la pièce la plus fragile et celle qu’on rachète. Le guide d’infusion reprend les températures pour les autres thés verts japonais, qui ne se préparent pas du tout de la même façon.

Questions fréquentes

Que contient un kit matcha ?
Un kit standard réunit un bol large et à fond plat appelé chawan, un fouet en bambou appelé chasen, une cuillère en bambou appelée chashaku, et souvent un repose-fouet en céramique. Les kits plus complets ajoutent un petit tamis. Sur ces objets, le fouet est le seul qui n'a pas d'équivalent de substitution satisfaisant.
Peut-on faire du matcha sans fouet en bambou ?
On peut mélanger la poudre autrement, mais on n'obtient pas le même résultat. Les cent et quelques brins très fins du chasen créent une mousse dense et stable qu'un mousseur à lait ou une fourchette ne reproduisent pas : ils donnent de grosses bulles qui retombent vite. Un mousseur électrique dépanne pour un matcha latte, beaucoup moins pour un matcha nature.
Quelle différence entre matcha cérémonial et culinaire ?
Le grade cérémonial provient de jeunes feuilles d'ombre, broyées à la meule de pierre : il est vert vif, doux, à peine amer, et se boit à l'eau. Le grade culinaire vient de feuilles plus tardives, il est plus terne, plus astringent, et il est conçu pour être mélangé à du lait ou intégré à une préparation. Le boire nature est une déception assurée.
Comment entretenir un fouet à matcha ?
Rincer à l'eau chaude claire immédiatement après usage, jamais de savon, jamais de lave-vaisselle, et ne jamais le laisser tremper. Il sèche ensuite à l'air, posé sur son repose-fouet qui maintient l'écartement des brins. Quelques brins finissent par casser avec le temps, c'est normal : un chasen utilisé régulièrement dure de quelques mois à un an.
Quelles proportions pour un matcha ?
Comptez 2 g de poudre tamisée, soit environ deux cuillerées de chashaku ou une demi-cuillère à café, pour 70 ml d'eau à 70 à 80 °C. Fouettez vingt secondes en dessinant des W rapides, poignet souple, sans tourner en rond. Le tamisage n'est pas facultatif : le matcha s'agglomère en séchant et les grumeaux ne se défont pas au fouet.
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Hélène Vasseur

Amatrice de thé et rédactrice

Hélène Vasseur boit du thé en vrac depuis une quinzaine d'années, après avoir hérité de la collection de théières de sa grand-mère. Elle tient un carnet de dégustation et s'intéresse surtout à ce qui distingue un thé correct d'un très bon thé, à prix égal.

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